Lien vers ce message 09 Juillet 2014, 9:41
Jean-Yves Le Drian a renoncé à se rendre mardi à Bambari, à 400 kilomètres de Bangui, au lendemain de nouveaux incidents.

À l'est, de nouvelles violences. La ville de Bambari, à 400 kilomètres au nord-est de Bangui, a été le théâtre, lundi, d'accrochages meurtriers lorsque des éléments radicaux de l'ex-Séléka ont voulu s'en prendre au siège de l'archevêché où 1000 à 2000 chrétiens ont trouvé refuge. http://www.lefigaro.fr/medias/2014/07/08/PHO5ea2f8ca-06b8-11e4-aed2-839a52b01cd8-805x453.jpgLes militaires français de l'opération «Sangaris», déployés en ville, se sont interposés et ont été contraints d'ouvrir le feu, tuant cinq agresseurs. Au moins vingt déplacés ont malgré tout été tués et 25 blessées dans l'attaque des ex-Séléka, selon un membre de la Misca, la force militaire de l'Union africaine. Jean-Yves Le Drian, dont c'était la sixième visite en Centrafrique depuis décembre dernier, a décidé d'annuler son déplacement, prévu mardi, à Bambari. «Je ne souhaite pas que ma venue pèse sur la mission de nos hommes déployés sur place», a expliqué le ministre.

70 tués en deux semaines

Tandis que Bangui bénéficie désormais d'une stabilité précaire, c'est désormais dans l'est du pays que résident les principaux foyers de tension. Ceux-ci «montrent la détermination de nos adversaires à mettre votre sang-froid sous tension et à mettre en cause votre impartialité», a déclaré le ministre de la Défense aux hommes de «Sangaris», forte de 2 000 militaires. Depuis le mois de mai, l'opération a entamé sa troisième phase, la sécurisation des axes menant à l'est du pays, dont Bambari est un des épicentres. Les affrontements entre communautés s'y succèdent depuis, causant environ 70 tués en deux semaines.
Le 23 juin, quelque 200 militants Anti-Balaka ont mené un raid contre la ville dont la population est relativement équilibrée entre les communautés musulmanes et chrétiennes. L'offensive, qui aurait pu être sanglante, a été déjouée par l'interposition des militaires français. Dix jours plus tard, lors de l'arrestation d'un meneur Anti-Balaka, des activistes dissimulés dans la foule ont lancé une grenade chinoise sur les troupes françaises, blessant sept légionnaires, dont deux grièvement. Jean-Yves Le Drian s'est rendu à leur chevet, lundi, sur la base de M'Poko, à Bangui. Le contingent français présent à Bambari- 180 hommes jusqu'à présent - va être porté à 250 militaires, en appui de troupes gabonaises des forces de la Misca.
«Nous faisons le maximum de ce que nous pouvons faire avec 2 000 hommes», estime un officier de «Sangaris». «On est à la poignée de l'éventail. Pour qu'il s'ouvre, il faut maintenant que les autres agissent», ajoute un autre, selon lequel «la solution est politique».
Un «dialogue inclusif», théoriquement entre toutes les parties, doit s'ouvrir le 21 juillet à Brazzaville. Espérée de longue date, soutenue par la présidente Catherine Samba-Panza, cette perspective ne suscite qu'un optimisme très modéré. Nettement plus tangible, l'arrivée de la mission des Nations unies, la Minusca, qui doit prendre le relais de «Sangaris», le 15 septembre, est attendue avec impatience côté français. Elle comptera 10 000 soldats. «Mais nous ne partirons que lorsque la Minusca sera opérationnelle. C'est un relais progressif», indique-t-on dans l'entourage du ministre de la Défense.

LeFigaro
 

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