Lien vers ce message 28 Mai 2015, 17:15
Par Olivier Hertel Publié le 28-05-2015 à 15h59 sciencesetavenir.fr

Grâce au système d'informatique cognitive Watson, développé par IBM, il est possible de prévoir le joueur qui remportera le set en cours.

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Gaël Monfils face à Edouard Roger-Vasselin, au 1er tour du tournoi, le 25 mai 2015. (AFP PHOTO/MIGUEL MEDINA)


TRAITEMENT DE DONNEES. Pendant que les meilleurs joueurs de tennis de la planète s’étrillent sur la terre battue de Roland-Garros, des ingénieurs américains et australiens d’IBM, enfermés dans un Algeco à deux pas du court central, se débattent, eux, avec des algorithmes et autres lignes de code. Le géant de l’informatique, partenaire du tournoi depuis 30 ans, a effectivement développé tout un système permettant de traiter la masse considérable de données issues des matches et des joueurs.

Une partie de ces informations est d’ailleurs relayée sur le site du tournoi. Ce sont les "stats du match" à suivre en temps réel pour chaque rencontre. Elles indiquent par exemple, le nombre d’aces, de double fautes, de points gagnés sur le premier service, etc. Jusque-là rien de très nouveau. Mais ces données, associées à celles collectées lors des autres tournois du Grand Chelem pourraient permettre d’aller beaucoup plus loin, jusqu’à prédire le vainqueur du match - même si IBM se refuse à faire ce genre de pronostics. En effet, le site de Roland-Garros présente pendant la partie, une information importante : "les clés du match". Il s’agit d’un ensemble de 50 indicateurs propres à chaque joueur et permettant de prédire celui qui devrait remporter le set en cours.

Trois critères essentiels pour gagner

Par exemple, l’un des indicateurs pour Gaël Monfils est : "Remporte plus de 35% de points marqués sur le premier service adverse". Un autre : "Remporte plus de 48% de points sur un coup gagnant ou une faute provoquée". Ou encore : "Remporte plus de 16% de points remportés avec un ace sur le premier service". Le joueur adverse aura aussi les siens. Parmi ces 50 indicateurs, 3 suffisent à prédire qui va remporter le set. En effet, si le joueur remplit ces 3 indicateurs clés et que son adversaire ne remplit pas les siens, alors le premier devrait emporter le set. Et durant l’affrontement, il est possible de voir où se positionne chaque joueur pour valider chacun de ces trois critères essentiels. Par exemple, lors de son match contre Diego Schwartzman, Gaël Monfils a validé ses 3 indicateurs clés lors du 4e set le remportant sans surprise aisément (6 - 2).

COGNITIF. Derrière ces analyses de données, se trouve le fameux Watson, le système dit cognitif d’IBM, capable d’analyser de grandes quantités de données tout en utilisant le langage naturel. Il est par exemple possible de lui demander : "Quels sont les joueurs qui ont remporté le plus de points lors de Roland-Garros ?" pour qu’il sorte de manière précise une liste de noms de stars du tennis, classés en fonction de leurs résultats respectifs. Mais il peut aussi s’intéresser à leur personnalité. Grâce à un partenariat avec Twitter, Watson analyse les comptes des différents joueurs. Il peut alors en tirer des traits de caractères qui lui sont propre. Ainsi Rafael Nadal serait, selon ses Tweets, assez peu sensible au stress, très peu mélancolique, très grégaire et particulièrement altruiste… Seule réserve : encore faut-il être sûr que ce soit bien lui qui twitte et non son "community manager" !
 

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