Lien vers ce message 26 Mai 2015, 4:17
Publié le 25.05.2015 à 06:50 20 minutes

Les drones passionnent les Japonais et inquiètent les autorités, sur fond d’incidents qui posent la question de la sécurité…

Japon: L'envol des drones sur le radar du gouvernement après une série d'incidents


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Le premier Salon du drone de Tokyo, le 22 mai 2015. - M.CENA/20 MINUTES


De notre correspondant à Tokyo,

Pas un jour ou presque sans que les drones ne s'invitent dans les journaux nippons. Le mois dernier, un appareil télécommandé a été découvert sur le toit de la résidence de Shinzo Abe, le Premier ministre japonais, révélant tout à coup une potentielle menace pour la sécurité. Le drone en question, porteur d’une petite quantité de substance radioactive, aurait été posé là deux semaines plus tôt selon son pilote, qui s’est rendu à la police. L'homme dit avoir voulu protester contre la volonté du gouvernement de redémarrer certains réacteurs nucléaires, choisissant ce moyen pour attirer l’attention: «Les drones sont un sujet chaud et tout ce qui les concerne a un impact», aurait-il déclaré aux enquêteurs.

Et l’impact a été de taille, dans un pays où aucune loi n'encadre le vol des drones, hormis aux abords des aéroports. Après d’autres incidents, dont le survol de l’ambassade britannique par le drone d’une chaîne de télévision ou le crash d’un petit appareil piloté par un adolescent près d’un temple lors d’une fête bouddhiste, une série de mesures ponctuelles ont été prises, comme l'interdiction de survoler les 81 parcs municipaux de Tokyo.

«Essayez un appareil qui fait l’actualité»

Alors que les autorités s’interrogent sur une potentielle menace terroriste, le public se passionne pour ce phénomène récent. Lors du premier Salon du drone, organisé à Tokyo la semaine dernière, les allées étroites peinaient à contenir les curieux et les professionnels venus découvrir les appareils d’une cinquantaine de fabricants, qui présentaient leurs drones à usage professionnel pour l’industrie, l’agriculture, les livraisons, la surveillance de bâtiments ou les secours en cas de catastrophe naturelle, et des appareils de loisir, de plus en plus compacts et capables de capturer des images en haute définition.
«Essayez un appareil qui fait l’actualité», annonçait une affiche sur le stand du Japonais Yokoyama. L'entreprise fabrique notamment l’Alien-X6, un appareil de 85 grammes en forme d’araignée vendu une centaine d'euros, qui «part comme des petits pains», selon Ryuji Horiguchi, le directeur général.

Plus loin, chez le constructeur français Parrot, on se félicitait du succès du Bebop, le drone grand public en vente depuis le mois dernier dans l'Archipel. «Ca a démarré très fort ici», constate Nicolas Besnard, le directeur technique de la marque, auprès de 20 Minutes. Il estime qu’«au pays de la robotique, il y a un vrai marché» pour ces appareils. Parrot s’est retrouvé de fait dans l’actualité japonaise, car le drone qui a échappé au contrôle d’un adolescent de 15 ans près d’un temple, avant d'être confisqué par la police, était un Bebop.

Une loi en préparation

Le constructeur ne se dit cependant pas inquiet de l’évolution probable de la législation pour réglementer l’usage des drones, un marché qui pourrait peser près de 75 milliards d'euros à l'échelle mondiale dans les dix prochaines années. «En France, contrairement au Japon, les choses sont claires avec les scénarios DGAC», qui fixent précisément le cadre d’utilisation des appareils, note Nicolas Besnard. La plupart des fabricants, qui s’attendent à un fort développement de la demande, sont d’ailleurs plutôt favorables à une loi qui éclaircirait les usages.

Le travail législatif a commencé, alors que le quotidien conservateur Yomiuri Shimbun titrait encore dimanche sur «la possible menace des drones». Le gouvernement étudie une loi qui doit être soumise au parlement, interdisant le vol à proximité de la Diète japonaise, du palais impérial et d’autres bâtiments «sensibles». D'après le journal, le texte ne devrait pour l'instant pas concerner le survol des réacteurs nucléaires, tous à l’arrêt dans le pays.
 

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