Lien vers ce message 22 Mai 2015, 11:50
LE MONDE | 22.05.2015 à 06h47 • Mis à jour le 22.05.2015 à 11h21 | Par Corine Lesnes (San Francisco, correspondante)

Marée noire à Santa Barbara : la compagnie mise en cause pour négligence

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Les autorités californiennes luttaient mercredi 20 mai pour contenir une fuite de pétrole et nettoyer le littoral, près de Santa Barbara en Californie. Crédits : LUCY NICHOLSON / REUTERS

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La veille, la rupture d'un oléoduc a laissé échapper des milliers de litres d'hydrocarbures dans l'océan. Crédits : LUCY NICHOLSON / REUTERS

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Au lendemain de la fuite, les garde-côtes ont expliqué que la nappe polluante s'étendait sur 14 kilomètres le long de la côte pacifique. Crédits : LUCY NICHOLSON / REUTERS

En 1969, la Californie avait été bouleversée par une marée noire – c’était alors la plus importante jamais vue aux Etats-Unis – au large de Santa Barbara, au nord de Los Angeles. Une plate-forme de la compagnie Union Oil avait explosé, laissant échapper 16 millions de litres de pétrole. La catastrophe avait lancé l’essor du mouvement écologiste aux Etats-Unis.

La marée noire qui a été détectée, mardi 19 mai, dans la même zone, à la suite de la rupture d’un oléoduc, n’a pas la même ampleur, mais elle a réveillé les souvenirs de 1969. La Californie compte quelque 9 600 km d’oléoducs. Après 1969, un moratoire a été imposé sur les forages offshore, mais vingt-trois permis d’exploitation ont été conservés. Une dizaine de plates-formes opèrent au large de la seule région de Santa Barbara.

La fuite, relative à la rupture d’une canalisation sur terre datant de 1987, a été estimée à quelque 400 000 litres de brut, dont 80 000 litres se seraient déversés dans l’océan. La nappe de pétrole s’étendait, jeudi 21 mai, sur plus de 15 km le long de la côte.
L’incident s’est produit sur un oléoduc de la compagnie Plains All American Pipeline qui achemine le pétrole de puits d’extraction locaux vers des aires de stockage dans le sud de la Californie. Selon le Los Angeles Times, la compagnie, qui est basée au Texas, est l’une des plus négligentes des Etats-Unis pour l’entretien de ses installations. Son taux d’incidents par kilomètre de conduites est trois fois supérieur à la moyenne nationale.

Pas d’arrêt automatique

Les organisations écologistes s’interrogent sur l’absence d’un système d’arrêt automatique sur l’oléoduc, qui aurait dû permettre de limiter immédiatement la pollution. Celle-ci s’est poursuivie pendant plus de sept heures dans une zone riche en dauphins, lions de mer et autres loutres de mer. La compagnie a « regretté » l’incident et a rappelé qu’elle avait fait inspecter la conduite il y a deux semaines. Les résultats n’avaient pas encore été communiqués. La révision précédente datait de 2012.

Le gouverneur de Californie, Jerry Brown, a décrété l’état d’urgence pour pouvoir accélérer les travaux de nettoyage. A l’approche du week-end du Memorial Day, qui marque le début de la saison estivale aux Etats-Unis, les touristes sont généralement nombreux sur cette portion de la Route 1, où il est fréquent d’observer, l’hiver, la migration des baleines.

Cette marée noire intervient alors que les défenseurs de l’environnement protestent contre l’autorisation conditionnelle donnée à Shell par l’administration Obama de forer dans l’Arctique. Une flottille de kayaks a bloqué, le 16 mai, une partie du port de Seattle après l’arrivée de la plate-forme Polar Pioneer. Les écologistes espèrent en empêcher la sortie, prévue pour début juin.
Message édité 1 fois, dernière édition par root, 22 Mai 2015, 12:03  
 

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