Lien vers ce message 20 Mai 2015, 0:57
Par Rédacteur Publié le 10-04-2015 à 15h56 sciencesetavenir.fr

Un jet de sang sur le museau de leurs prédateurs, c’est l’étonnante défense des lézards cornus. Contrairement aux apparences, la technique n’a rien de suicidaire !

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Le lézard cornu projette du sang préférentiellement sur les loups, chiens et coyotes, plus sensibles à la toxicité de son sang. © FantasticAnimal / YouTube


SANG. Parmi les espèces de lézards cornus peuplant les milieux arides du sud du Canada au Guatemala, s’en trouvent certaines aux stratégies de défense déroutantes. Le Crapaud cornu (Phrynosoma cornutum), lézard des déserts du Texas, figure au nombre de celles-ci. Dans un premier temps, sa tactique ressemble à celle du poisson globe : il double de volume pour avoir l’air plus imposant. Pas toujours suffisant face à un coyote, un serpent ou un oiseau de proie. Alors, il penche la tête, mettant en avant les piquants qui ornent son corps et sa tête. Le prédateur ne renonce toujours pas ? Qu’à cela ne tienne, le petit animal d’une dizaine de centimètres a une autre corde à son arc : un jet de sang, qu’il tire avec précision et jusqu’à un mètre de distance.


© FantasticAnimal / YouTube

Le jet est dû à la rupture de la paroi d’une cavité remplie de sang, située sous l’œil. Dans ce sinus se trouvent deux muscles qui peuvent comprimer les veines amenant le sang du globe oculaire au cœur. Le sang entre alors dans la poche sans pouvoir en ressortir. À mesure que la cavité se remplit du liquide, la pression augmente. Il suffit ensuite que les muscles se contractent répétitivement pour que la paroi du sinus se rompe sous cette pression et que le sang soit projeté sur le prédateur.

Un sang toxique, pour une défense efficace

Le sang propulsé n’est pas ordinaire, il est toxique pour les chiens, coyotes et loups. Cela, supposent les scientifiques, à cause du régime alimentaire des lézards : des fourmis possédant elles-aussi un venin toxique. Ce moyen de défense, pour le moins surprenant ne semble pas pénaliser l’animal qui peut y avoir recours plusieurs fois dans un laps de temps réduit et perdre un tiers de son sang. Le processus d’autohémorragie ou "saignée réflexe" n’est pas propre au lézard et a notamment été détecté chez des insectes. La nature ne cessera jamais de nous surprendre !
 

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