Lien vers ce message 19 Mai 2015, 18:05
Publié le 19-05-2015 à 15h04
Par Lise Loumé sciencesetavenir.fr


"Purple drank" : alerte au sirop contre la toux, nouvelle drogue des adolescents

L'Ordre national des pharmaciens tire la sonnette d'alarme contre un cocktail dangereux qui nous vient tout droit des États-Unis et que consommeraient de plus en plus d'adolescents français.

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Née dans la Texas dans les années 60-70, ce cocktail addictif est devenu populaire dans les années 1990 et 2000 aux États-Unis. © CLOSON DENIS/ISOPIX/SIPA


Sirop contre la toux + médicaments antiallergiques + soda : voilà le mélange de défonce à la mode chez les adolescents outre-Atlantique. Baptisé "purple drank", en référence à la couleur des sirops contre la toux vendus aux États-Unis, il aurait des effets euphorisants, voire hallucinogènes. L'Ordre national des pharmaciens vient de tirer la sonnette d'alarme dans un rapport, appelant les professionnels à la plus grande vigilance lorsqu’il s’agit de vendre ces médicaments sans ordonnance aux mineurs.

Plusieurs cas d'hospitalisations en France

Né dans la Texas dans les années 60-70, ce cocktail addictif est devenu populaire dans les années 1990 et 2000 aux États-Unis. Des rappeurs, comme Eminem, Kanye West et Lil Wayne ont notamment fait la promotion du breuvage dans leurs chansons, en arborant dans leurs clips vidéos des bouteilles ou des gobelets contenant un liquide violet. Une étude réalisée en 2013 dans une université du sud-est des États-Unis, révélait que 6,5 % des étudiants, majoritairement des garçons, avaient déjà consommé du Purple Drank.

RISQUES. Et le phénomène toucherait peu à peu la France. Selon le réseau des Centres d'Évaluation et d'Information sur la Pharmacodépendance (CEIP) d'Ile-de-France, le mélange aurait provoqué en 2014 plusieurs cas d'intoxications ayant nécessité une hospitalisation chez des adolescents. Parmi les événements indésirables déclarés, on observe chez les patients une baisse de la vigilance, une forte somnolence, une confusion avec des troubles de l’élocution, voire une détresse respiratoire aigüe et des crises convulsives. Une intoxication pouvant même conduire au coma.

Pour réaliser leur mélange, les jeunes ne se procureraient que des médicaments sans ordonnance. D'après un témoignage relayé par l'Ordre national des pharmaciens, les Américains utiliseraient un sirop violet à base de deux opiacés, la codéine et de prométhazine, et les Français du sirop de marques Euphon, Néo-codion, Tussipax, ou Padéryl, ainsi que du Phénergan, en sirop ou en cachets écrasés pour l’effet antiallergique. Désormais, les pharmaciens -et les parents- doivent faire preuve de vigilance si un adolescent réclame sans symptôme apparent ce type de médicament...
 

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