Version haut débit de: MastaKongo Infos
Aide - Rechercher - Membres

l'immunothérapie, arme anti-cancer prometteuse

root (05 Juin 2015, 17:29)
Par Sylvie Riou-Milliot Publié le 29-05-2015 à 15h01 sciencesetavenir.fr

Cette technique, fondée sur la réaction du système immunitaire, sera au cœur des communications du grand congrès annuel de cancérologie, qui vient de s'ouvrir à Chicago.

http://referentiel.nouvelobs.com/file/14043634.jpg
Test d'une molécule anti-cancer dans un laboratoire grenoblois. ©BONY/SIPA


GRAND-MESSE. Cocorico de rigueur avant le démarrage de la grande conférence américaine annuelle sur le cancer de l’American Society of Clinical Oncology (Asco) qui se tient à Chicago du 29 mai au 2 juin 2015. Avec 30.000 spécialistes internationaux présents et près de 5.000 études présentées en cinq jours, la France est en première place pour les pays européens avec 450 communications attendues, suivie par l’Allemagne (408) et l’Italie (363).

Avant que ne démarre cette rencontre internationale des plus grands spécialistes de la discipline, parfaitement orchestrée par les multiples firmes pharmaceutiques, déjà quelques directions se dégagent. "Les armes anti-cancers sont de plus en plus complexes, administrées de plus en plus tôt, souvent sous forme d’associations, et sont aussi de plus en plus chères." C’est ainsi que la présidente de l’Institut national français du cancer (Inca), le Pr Agnès Buzin, résumait la tendance du moment, quelques heures avant de s’envoler vers Chicago.

Dans les tuyaux des grands laboratoires, des molécules aux noms imprononçables (pembrolizumab, nivolumab, avelumab, pidizilumab, MPDL3280A, MEDI4736, MED10680…) s’accumulent, leurs mécanismes d’actions étant hypersophistiqués et leur coût souvent pharamineux (plusieurs dizaines de milliers d’euros par patient). Mais la principale star de l’Asco 2015 sera sans aucun doute l’immunothérapie, la dernière arme anti-cancer déjà remarquée aux précédents congrès de l’Asco.

L’immunothérapie consiste à "booster" le système immunitaire — les lymphocytes T — pour que ceux-ci s’attaquent encore plus efficacement aux cellules tumorales. Testée initialement dans le cancer de la peau à un stade évolué, l’immunothérapie a récemment confirmé son intérêt dans ces cancers graves de la peau (mélanomes), avec une étude internationale d’envergure à laquelle la France a participé.

Mais la peau n’est pas le seul organe à bénéficier de la force de frappe de cette stratégie. Des essais sont en cours sur d’autres localisations (vessie, ORL, colon, foie). Testées séparément dans un premier temps, les molécules sont d’ores et déjà associées entre elles. “More is better” (“plus est mieux”), aiment ainsi dire les Américains. De plus, ces traitements sont aussi administrés de plus en plus tôt.

EFFET DURABLE. Quand les premiers essais ont démarré voici deux à trois ans, les oncologues les réservaient aux patients présentant des cancers à des stades évolués, en dernier recours, en quasi-situation d’impasse. Aujourd’hui, ceux-ci sont prescrits à des stades bien moins évolués de la maladie. Enfin, le recul encore modéré de la pratique fait apparaître un effet qui semble durable : en effet, le système immunitaire une fois stimulé paraît “rééduqué” sur le long terme, sans qu’il soit nécessaire de maintenir les traitements au long cours.

Attention tout de même aux faux espoirs. L’immunothérapie ne fonctionne en moyenne que chez environ 30 % des patients et ces traitements ne sont pas dénués d’effets secondaires qui vont des simples nausées à des dysfonctionnements plus sévères de la thyroïde et du foie.

Par notre envoyée spéciale à Chicago, Sylvie Riou-Milliot.